J'aime Claude Lelouch depuis que je suis tout petit, sans doute par atavisme familial. Mes parents étaient fans, et j'ai donc été bercé par les sorties du Voyou, de Toute une vie etc.
Je me souviens que la sortie des Uns et des Autres avait été un grand événement, attendu depuis des semaines. Et sa vision, le premier jour sur les Champs-Elysées, un grand bonheur.
Papa n'est plus, mais ma mère et moi maintenons avec fidélité l'impatience des rendez-vous biannuels (en gros). Même si personnellement, j'avoue être un fan un peu déçu, en gros depuis après Les Misérables (ce qui commence un peu à faire). Je n’ai pas accroché avec les films suivants, mais ça n’est pas grave. Il va rebondir, comme il l’a pu le faire avec Itinéraire ou Tout ça…pour ça ! (Et comme Woody vient de le faire avec Match Point).
C'est le genre de passion à vous griller d'emblée dans certains milieux, mais je l’assume complètement. Pour d’autres, être un Lelouchien convaincu est signe d’intelligence, de sensibilité, et même, osons le mot de cinéphilie avertie (je suis tout ça).
Je suis convaincu que le temps rendra au maître sa place dans l’histoire du cinéma. Malheureusement, en France, la légitimité culturelle est souvent posthume. On serait aux US, Lelouch serait l’équivalent de Kubrick ou de Spielberg. Mais ici, on préfère porter aux nues François Ozon…(entre autres)
J'ai eu la chance de rencontrer le grand homme il y a quelques années, pour une interview, à l'époque où je collaborais dans des petits organes de presse divers et variés.
La classe, deux heures en face à face avec Lelouch, et disserter de sa carrière, j’en tremblais.
Tout ça pour vous dire que la sortie récente de « Lelouch mode d’emploi » chez Calmann-Levy est un « must-have » absolu : interviewé par Yves Alion et Jean Ollé-Laprune, le cinéaste dissèque, film par film, l’ensemble de sa carrière (y compris les films sportifs ou Les Grands Moments, jamais sorti). C’est passionnant de bout en bout, beaucoup plus que son autobiographie sortie il y a quelques années. Ca donne envie de revoir (encore !) tous ces films que l’on adoré, les musts pour moi étant Viva la vie, Partir Revenir, Toute une vie, Les uns et les autres, et Le Voyou. Ca donne envie aussi de faire du cinéma. Ca donne la pêche (quelle énergie ce type a). Du courage (avec tout ce qu’il s’est pris dans la tronche).
Juste un petit bémol sur sa vision à mon sens trop enjolivée des Parisiens et du Courage d’aimer : on mettra ça sur le compte de la proximité – et de la dureté - des événements.



